Il y a eu une seule action à noter sur le front de la 3e Division Blindée le 28 décembre. Cela a commencé tôt après minuit le 27 décembre et s’est développé en une sorte de bataille confuse dans et autour de Sadzot dans le secteur de la Combat Command « A ». Les troupes évoquent cette action sous le nom de « The Sad Sack Affair ». Ce sujet est longuement discuté ici parce que c’était typique de la plupart des actions confuses qui ,ensemble, constituent la bataille des Ardennes.

 Dans la nuit du 27 décembre, la ligne défensive dans le secteur du Combat Command “A” a été établie par le 1er et 2e bataillon du 289e Régiment d’Infanterie (75e Division) avec le 1er bataillon sur la droite (ouest). La position exacte du 1er bataillon n’était pas déterminée. Son flanc droit était lié avec la Force Opérationnelle « Orr » près d’Amonines. On a rapporté que son flanc gauche était 1500 yards (1350m) à l’ouest du point de contact avec les patrouilles fonctionnelles (cette patrouille était probablement 800 yards (730m) plus loin à l’ouest). Le 2e bataillon était solidement établi le long de la ligne depuis l’extrémité sud de Grandmenil, à travers La Fosse et, de là, vers le sud-est le long de la ligne du Bois du Pays jusqu’au point où le contact aurait dû être établi avec le 1er bataillon. Il existait donc un trou entre le 1er et le 2e bataillon comme le savait le Général Hickey. A cause d’une coupure virtuelle des communications dans des éléments défectueux et des rapports de localisation erronés, et particulièrement de la nature des informations, l’extension de ce trou n’était pas connue.

 A ce moment, le 509e Bataillon d’Infanterie Parachutiste s’était rassemblé à l’ouest d’Erezée le long de la grand’ route (à Briscol), et le reste de la Force Opérationnelle « Richardson » se situait entre eux et Erezée.

 Aux environs de 2h du matin, le 54e Bataillon d’artillerie blindée de terre, qui était en position au nord de Sadzot avec des éléments avancés dans le village, a signalé que des ennemis étaient dans Sadzot et dans les bois au sud du village (les bataillons d’infanterie sur la ligne envoyaient des rapports négatifs jusqu’à 1h avant ce moment). A Sadzot, la Compagnie C, les 87e Bataillon chimique, un peloton de Tank Destroyer (chasseur de char) et les éléments avancés du 54e continuaient à résister aux attaques.

 Le Général Hickey a immédiatement envoyé le 509e Bataillon d’Infanterie Parachutiste au sud avec les ordres de sécuriser Sadzot et de protéger les positions d’artillerie. Toutes les 3 compagnies ont été impliquées dans un temps très court. L’une tenait une position de réserve au nord du village pendant que les deux autres ont effectué un double enveloppement à l’est et à l’ouest. Des éléments ont été envoyé à l’intérieur du village pendant que les forces principales planifiaient de se rejoindre au sud de celui-ci.

 La Force Opérationnelle “Richardson”, réduite à deux pelotons d’infanterie, une demi-compagnie de char de taille moyenne, et une compagnie entière de chars légers, a été alertée et s’est déplacée à Briscol. On leur a dit qu’ils devraient peut-être assister le 509e. Les combats ont continué cette nuit et, quand le Commandement Général de la Combat Command « A » arriva à Sadzot aux environs de 8h30 le matin du 28 décembre, il découvrit que Sadzot n’avait pas été complètement perdu contrairement à ce qui avait été rapporté.

 La Force ennemie impliquée dans cette attaque a été identifiée comme 2 compagnies de 60 à 70 hommes issus respectivement du 25e Régiment de grenadiers Panzer et de la 12e Division Panzer SS. Leurs pertes, tués, blessés ou capturés étaient d’environ 90 hommes.

 Il y avait toujours des tirs de tireurs embusqués dans les bois aussi loin au nord qu’à la route est-ouest à travers Grandmenil, donc on a ordonné à des patrouilles renforcées de passer les bois au peigne fin afin de déterminer les postions et les forces ennemies. Le 509e et la Force Opérationnelle « Richardson » continuaient de protéger les positions d’artillerie en constituant une ligne défensive au sud de Sadzot.

 Avant que les patrouilles n’aient terminé leur travail, le 2e Bataillon, la 112e Infanterie (28e Division) a été attaché à la Combat Command “A”. Le Commandement Général prévoyait de les utiliser afin de refermer le trou entre le 1er et le 2e Bataillon de la 289e en les déplaçant vers le sud et ensuite vers l’est derrière le 1er Bataillon de la 289e. Ce mouvement a démarré après l’obscurité. Le 1er Bataillon de la 289e rapporta que la queue de la colonne du 2e Bataillon de la 112e a passé son flanc droit à 20h. A ce moment, la communication tomba en panne et des messagers ont dû être utilisés. La position exacte du 2e Bataillon de la 112e n’était pas déterminée cette nuit, mais on savait qu’ils n’avaient pas établi le contact avec le 2e Bataillon de la 289e. Des patrouilles du 2e bataillon de la 289, , envoyées pour essayer d’établir le contact, ont trouvé des ennemis sur les crêtes du trou.

 Aux environs de 09h le 29 décembre, l’Officier Exécutif, de la 289e, qui était avec le 2e Bataillon du 112e, rapporta qu’il pouvait voir les troupes alliées à environ 400 yards (365m) au loin. Il pensa que c'était le 2e Bataillon du 289e, mais on appris par la suite qu’ils étaient des éléments du 506e Bataillon d’Infanterie Parachutiste et de la Force Opérationnelle « Richardson » au sud de Sadzot. Le Bataillon avait raté sa direction et avait formé une ligne allant du flanc est du 1er Bataillon du 289e, presque plein nord, jusqu’aux défenses au sud de Sadzot. Ce fait n’a été connu que bien plus tard. Le plan du Combat Command demandait a deux Compagnies meneuses de refermer le trou et à la 3e Compagnie de faire face au Nord vers Sadzot pour résister à toute tentative ennemie de sortir du piège. On ne savait pas combien d’ennemis étaient tombés dans le piège.

 Croyant que le trou était effectivement refermé, le Général Hockey ordonna à la 509e d’attaquer au sud-est de Sadzot avec le sentier en direction de La Fosse en guise de limite à droite.

 Cette attaque débuta tôt le matin du 29 décembre, soutenue par quelques tanks légers de la Force Opérationnelle “Richardson”. Ils avancèrent d’environ 1200 yards (1100m) et rencontrèrent une attaque ennemie menée par les deux autres Compagnies du 25e Régiment de Grenadiers Panzer soutenus par deux canons antichars de 75mm.

 Trois des tanks légers furent perdus, mais les troupes parachutes eurent vite fait de renverser les fusils ennemis et d’infliger des pertes sévères. Le choc de cet engagement a été considérable et le 509e se retira légèrement à l’aube pour se réorganiser. A ce moment, la Compagnie A du 83e Bataillon de Reconnaissance Blindée, qui surveillait le Sud de la grand’ route allant d’Erezée vers Grandmenil, engagea l’attaque. Elle était coordonnée avec l’attaque de la 509e et débuta vers 18h. Une très faible résistance fut rencontrée.

 La même nuit, le 2e Bataillon de la 289e utilisa quelques munitions de mortier traçantes et des fusées éclairantes. Ceux-ci furent utilisés pour aider le 2e Bataillon de la 112e, en corrigeant sa position et le faisant entrer en contact avec le 2e Bataillon de la 289e.

 Tandis que ces mouvements étaient en progression à 16h, la responsabilité du secteur passa de la 3e Division Blindée à la 75e Division d’Infanterie. Le Général Hickey, restait de toute façon aux commandes, ses forces étant rattachées à la 75e Division. Au matin du 30 décembre, les lignes étaient bien établies et la Combat Command A se déplaça avec le reste de la Division jusqu’aux zones de rassemblement à proximité d’Ocquier et d’Ouffet.

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